lundi 27 mars 2006

De la satisfaction des sens - Hahnemann

L'homme est né pour jouir. Ainsi parle l’enfant même au berceau, appelant le sein de sa mère; et le vieillard qui se plait encore à attiser la Flamme du foyer; l'enfant qui s'amuse avec ses jouets ; la fille qui aime la danse; le jeune homme qui aime le bain et la mère de famille, livrée tout entière aux apprêts des fêtes domestiques; et le père joyeux, rentrant dans sa demeure et recevant les douces caresses de ses enfants.

Toute la création connaît le plaisir et la jouissance. Pourquoi ces biens seraient-ils refusés à l'homme, doué d'une sensibilité plus exquise, plus délicate ?

Certainement, l'homme est fait comme tous les êtres pour la jouissance et le plaisir, mais, seul, il dépasse, dans le choix et le nombre de ses jouissances, la juste mesure. Un animal, vivant en liberté, ne prend pas d'autre nourriture que celle qui convient à sa nature et sa santé; il en prend ce qu'il faut pour son bien-être, et rien de plus; il ne boit que pour se désaltérer; il ne se repose que quand il est fatigué ; il ne s'accouple que rarement , et seulement à des époques déterminées pour la propagation de sa race, quand un instinct irrésistible le porte vers l'objet de ses désirs.

La satisfaction de nos besoins sexuels n'a pas d'autre but que la conservation de notre vie, de notre santé, et la reproduction de notre race ; le plaisir est d'autant plus vif que les besoins sont plus forts et plus énergiques; mais chez les hommes les plus heureux, chez ceux qui vivent conformément à la nature , il perd de son attrait, dès que le besoin est satisfait.

Au delà de, cette mesure si souvent dépassée dans les classes moyennes et élevées, commencent la luxure et la débauche. Multiplier les excitations des sens, cela s’appelle vivre. « J'ai beaucoup vécu », dit le libertin énervé; il me semble, au contraire , qu'il a vécu fort peu.

La nature a départi à chaque homme en particulier une certaine somme de plaisirs matériels que son système nerveux peut supporter sans préjudice pour la santé. L'homme tempérant apprendra bientôt, par une expérience faite de bonne foi, la limite qui convient à son organisation; et , en respectant les lois de la nature, il est plus heureux que ne saurait le croire l’homme abandonné à ses désirs.

Celui qui, séduit par de funestes exemples ou par les avantages de la fortune, dépasse la somme de jouissances que comporte sa santé, s'apercevra que les sens répugnent d'abord à cet excès. La satiété, le dégoût, ce sont là des avertissements que donne la sagesse de la nature. S'il continue à fatigué son corps par l' abus des plaisirs, s'il emploie des moyens factices pour réveiller ses nerfs engourdis, il parviendra sans doute à rendre son système nerveux très irritable , ce qui n'arrive point à l'homme tempérant; mais cette sensibilité excessive ne produit guère de jouissances réelles. Car, à mesure que, par des moyens artificiels, nous essayons d'augmenter le nombre et la vivacité de nos plaisirs nos sens s’émoussent, et nos impressions deviennent chaque jour moins agréables

Il faut au sybarite , pour exciter son appétit blasé, des épices, du sel , des vins forts et chargés d'alcool ; les aliments les plus assaisonnés lui deviennent insipides, et son palais demande chaque jour des sauces nouvelles , de nouvelles inventions de l'art , qui combattent les mouvements du cardia, et lui fassent oublier sa fonction naturelle, son devoir, si je puis dire , de rejeter le superflu. Cet homme que deux ou trois plats, ont bientôt rassasié, n'en exige pas moins impérieusement que le génie gastronomique lui serve encore deux ou trois services , dont les mets, par leur aspect agréable, par leur parfum suave , par leur saveur piquante et variée , enfin par l'abus des condiments, trompent sans cesse et de plus en plus les sens fatigués, et surtout la langue. Mais ce n'est là qu'un plaisir factice, tout d'imagination, ce n'est point une jouissance réelle, née d'un bien-être véritable et général.

Le paysan qui bat le blé dans la grange éprouve , en prenant son repas de bouillie de seigle , de pommes de terre et de sel , plus de jouissance que le gourmet, dont le dîner coûte peut-être mille fois davantage. L'un, gai, joyeux pendant le jour, dort, la nuit, d'un sommeil profond et réparateur ; l'autre se couche l'estomac tout surchargé; il ne connaît qu'un sommeil léger, plein d'angoisses , troublé par des rêves pénibles , et , quand il se lève le matin , il a le front assombri, la langue épaisse ; ses bâillements convulsifs attestent assez que la nuit ne lui a point apporté un repos bienfaisant et salutaire.

Lequel vaut mieux, du repas pris sous le chaume ou du somptueux festin? Qui , du paysan ou du gastronome, a goûté la jouissance la plus élevée, la plus réelle ? A quelle table s'est assis le vrai plaisir ?

Le villageois qui boit de la bière le dimanche éprouve ce jour-là plus de plaisir que le riche président n'en a trouvé à boire pendant toute la semaine les vins les plus exquis et les plus chers. L'un en se désaltérant tous les jours de travail à la source voisine de sa pauvre chaumière, a conservé sa santé, son humeur joyeuse; l'autre a dépensé beaucoup d'argent pour s'échauffer et s'étourdir.

En vain le libertin s'imagine qu'à dissiper honteusement des forces créées pour une fin plus noble, il trouvera de vifs plaisirs et des jouissances heureuses. Sans parier de l'affaiblissement et des souffrances sans nombre qui sont les suites inévitables de ses écarts insensés, sans rappeler qu'il se prive ainsi des douces joies de la paternité, sans montrer les rides précoces que la débauche marque profondément sur son front sillonné, le libertin reste toujours l'esclave misérable d'une habitude qui lui cause moins de plaisir que de peines et de douleurs. Infortuné! il ignore les charmes ineffables de ces rares et féconds embrassements d'une tendre épouse, dont la vertu , la pudeur inspirent le respect, et savent remplir le lit conjugal des jouissances d'un véritable amour.

Celui qui aime à vider jusqu'à la lie la coupe de la volupté, pourra trouver ce qu'il cherche sur la couche effrontée des courtisanes. Mais adieu à toute sensation délicate! le cœur s’émousse; l'amour, cet ange du ciel, devient pour l'enfant perdu de la débauche un jouet ridicule. Bientôt le libertin verra ses sens même s’engourdir et s'éteindre, si bien qu'il faudra, pour les exciter, les plus grossiers aiguillons et des ressources qui, en révoltant la pudeur, font frémir l'imagination. L'épuisement du corps et de l'âme, le mépris de soi-même, le dégoût de la vie, une mort misérable et prématurée, voilà donc les fruits de ces prétendus plaisirs!

Que les hautes classes sachent le comprendre , elles qui s'efforcent de se distinguer par le raffinement des mœurs , par l'éclat du dehors et des apparences , pourquoi, dans les choses de l'amour, sont-elles si inférieures aux classes pauvres? Pourquoi tombent t’elles si bas et dans un tel excès d'abrutissement? C'est qu'elles veulent trop jouir, et trop vite. Les riches pourraient être heureux s'ils connaissaient la véritable, l'unique voie qui conduit au bonheur, la source intarissable des jouissances les plus réelles et les plus vives , des joies abondantes et profondes : la modération.

S. HAHNEMANN : Études de Médecine Homœopathique. éd. BAILLIERE 1855

Source : De la satisfaction des sens sur le site Planète Homéo.

Vous pourrez trouver d'autres textes aussi intéressants de l'inventeur de l'homœopathie Hahneman ainsi qu'une belle biographie sur la page Homéopathe Hahnemann sur le même site.

L'homœopathie

L'homœopathie, c'est quoi ?

Par le Dr. E. Broussalian

L'homœopathie
N'est pas une médecine lente.
N'est pas une médecine qui ne convient qu'aux enfants ou aux petits bobos.
N'est pas une médecine qui soigne le "mal par le mal".
N'est pas une médecine qui soigne par les plantes.
N'est pas une panacée.

Mais alors qu'est ce que l'homœopathie ?

L'homœopathie est la découverte de toute une vie d'un médecin allemand de la fin du 18ème siècle: Samuel Christian Frédéric Hahnemann, et qui définit un ensemble de lois et de méthodes pour rationaliser la prescription des médicaments. Il publie en 1810 la première édition de son ouvrage, l'Organon de l'art de guérir, dans lequel il décrit ce qu'il appelle la méthode homœopathique.

Hahnemann forge un terme nouveau, "homœopathie" qui dérive du grec homoeion (semblable) et pathos (souffrance). A dire vrai, il eût peut être été préférable de baptiser la science nouvelle "homœothérapie", qui signifie traiter par les semblable. Quoi qu'il en soit, la politique de vulgarisation et de dégradation de l'homœopathie à laquelle on assiste depuis plusieurs décennies a conduit aussi à la déformation de son orthographe en "homéopathie". Ceci est un contresens grave. Le terme grec homeos signifie identique, or l'homœopathie n'a jamais prétendu soigner la rougeole en inoculant le virus de cette maladie, ni soigner des traumatismes par des coups de bâton... Un moyen de s'en souvenir: on écrit Gœthe, et pas Géthe.

L'homœopathie repose sur trois points fondamentaux :

  1. La loi des Semblables.
  2. La perception du malade en tant qu'entité globale.
  3. L'application de l'infinitésimal.

La loi des Semblables

Pressentie par Hippocrate, Hahnemann est le premier à formuler clairement cette loi, qu'il déduit expérimentalement par l'observation et qu'il confirme par l'expérience clinique au chevet du malade. A ce titre, et bien avant Claude Bernard, Hahnemann est le premier à avoir basé la médecine sur l’expérimentation.

On peut formuler cette loi comme suit: toute substance est capable de dérégler un sujet sain, dérèglement qui se traduit par un ensemble de symptômes. Cette même substance sera alors capable de guérir un malade qui présente ces mêmes symptômes.

Autrement dit, le médicament doit être choisi en fonction de sa ressemblance avec la maladie à traiter. Pour guérir, il faut que la maladie artificielle du médicament ressemble le plus possible à la maladie naturelle du malade.

La perception du malade en tant qu'entité globale

Hahnemann utilise la Loi des semblables pour soigner les affections aiguës avec des réussites retentissantes. Scarlatine, pneumonie, choléra, toutes ces affections que redoutent ses contemporains sont soignées avec succès et voient leur mortalité extrêmement réduite. (Ainsi, Malgré la volonté de certains d’effacer l’Histoire, on pourrait exhumer bien des statistiques de l’époque qui montrent surabondamment la supériorité du traitement homœopathique (Note 1).)

Mais, il déchante bientôt face à certains échecs: chez les malades souffrant de maladies chroniques, l'homœopathie arrive à guérir un premier accès aigu, marche moins bien lors d'une récidive, et échoue souvent par la suite. En somme, le remède similaire aux symptômes de la crise soulage celle-ci, mais l'affection chronique demeure : le malade n'est toujours pas guéri.

Alors, pendant près de 12 ans, Hahnemann va étudier tous ses échecs, pour arriver à la conclusion suivante : la Loi des semblables n'est pas en cause puisque universelle et "marchant" bien pour les cas non chroniques; le problème vient donc de ce que le remède aigu n'est similaire qu'à une partie de la maladie à traiter, c'est à dire similaire au groupe de symptômes qui ne s'expriment que lors d'un "réchauffement" de la maladie chronique, groupe qui ne représente que "la partie émergée de l'iceberg".

Conclusion : pour traiter une maladie chronique, il faut donner le remède similaire aux symptômes du malade en dehors d'une crise, et ne tenir que partiellement compte de l'expression aiguë de la maladie. C’est pour cela que votre homœopathe vous interroge sur des tas de points qui vous semblent n’avoir rien à voir avec ce dont vous vous plaignez.

L'application de l'infinitésimal

L'expérience enseignera très vite à Hahnemann que le patient est hypersensible au médicament indiqué et réagit souvent violemment à son administration (Note 2). Aussi, Hahnemann va jouer sur la quantité pour tenter d’éviter ces réactions. Il diluera d’abord au dixième, puis au centième, puis au cinquante millième. Lui qui est un chimiste distingué (il a échangé des travaux avec Lavoisier) écrira "l'expérience montre que même des dilutions inconcevablement élevées contiennent toujours assez de principe actif pour causer une aggravation initiale perceptible suivie de l'effet curatif". Il baptisera dynamisation le processus qui consiste à secouer violemment et diluer progressivement les substances. Paradoxalement, l'action du médicament est d'autant plus rapide, profonde et durable dans l'organisme, que la dynamisation est élevée.

(Note 1) Par exemple, les archives de l’armée française pourraient révéler comment les homœopathes ont sauvé la plupart des soldats atteints de dysenterie devant le siège de Sébastopol. Les statistiques américaines montrent comment l’homœopathie réduisait presque à zéro la mortalité de la fièvre jaune, de la diphtérie, ou du choléra. Pour la pneumonie, la médecine classique de l’époque dénombrait 30 à 34 % de mortalité alors que les hôpitaux homœopathiques en déploraient de 0,3 à 0,7 % avec le même recrutement...

(Note 2) L’homœopathie cherche à donner le minimum nécessaire, la médecine classique le maximum supportable (Dr. P. Schmidt).

Source : FAQ - Introduction sur Planète Homéo où vous pourrez trouver sur cette méme page d'autres informations plus complètes sur les médicaments, les maladies, la prise de médicament, l'homéopathie et les enfants et la FAQ. Si vous êtes médecin, vous pourrez accéder à l'intégralité du site où sont présentes de très nombreuses informations sur l'homœopathie (Planète homéo vous fournit alors un code d'accès).

Vous pouvez également consulter l'article Introduction à l'homœopathie sur la partie Analyse du même site.

Pour un guide sur les remèdes aux maux courants, il y a :

Enfin, pour comprendre de manière approfondie l'homœopathie, vous pouvez lire et étudier l'organon de l'art de guérir de Hahnemann.

vendredi 24 mars 2006

Homéostasie et adaptation

Hippocrate en reprenant la théorie pythagoricienne des humeurs prétend que toute « dyscrasie » ou rupture de l'équilibre normal est la cause de maladie. Hippocrate pose ainsi les bases du concept d'homéostasie et des conséquences de son dépassement.

Scientifiquement parlant, c’est en 1865 que Claude Bernard observe et décrit le concept d’homéostasie, sans toutefois le nommer comme tel : « Tous les mécanismes vitaux quelques variés qu’ils soient, n’ont toujours qu’un seul but, celui de maintenir l’unité des conditions de la vie dans le milieu intérieur ». Il y aurait donc une propriété essentielle chez les êtres vivants qui serait la faculté de maintenir la stabilité du milieu interne. Cette constance du milieu intérieur est la condition « d’une vie libre et indépendante » face à un environnement toujours changeant, soulignant ainsi la fonction primordiale de l’homéostasie. L’homéostasie permet par exemple dans une certaine mesure à un homéotherme d’être indépendant de la température externe, chose qu’un poïkilotherme ne peut se permettre puisqu’il ne dispose pas de la thermogenèse et des processus thermolytiques pour réguler sa température interne. Par cet exemple, on comprend que l’homéostasie est obtenue non pas par un équilibre statique, mais plutôt mobile disposant de techniques de régulation pouvant gérer l’excès ou l’insuffisance.

Mais l’homéostasie ne s’arrête de loin pas qu’aux processus thermodynamiques, mais pour reprendre Claude Bernard, à « tous les mécanismes vitaux » (op.cit.). Il existe donc aussi une homéostasie chimique, alimentaire, etc. On peut ainsi citer entre autres le rôle prépondérant du système hypophysaire dont le stress entre autres dépend, ou plus généralement du système hormonal et ses multiples fonctions dans le maintien d’une homéostasie « globale ». Dès 1878, Bernard montre que lorsque la stabilité du milieu intérieur est perturbée, il y a une vulnérabilité à la maladie. Bernard se situe donc dans la vision Hippocratique de la maladie, comme quoi le germe maladif n'est pas le seul facteur, mais qu'un dérangement de l'équilibre normal conduit à une fragilisation.

C’est Cannon Walter Bradford (1871-1945), physiologiste américain, qui crée le nom d’homéostasie à partir du grec (stasis : état, position et homoios: égal, semblable à) et il y inclura en outre la notion de stress. A partir de l'observation sur des animaux des vagues de l'estomac et de l'intestin pendant la digestion et leurs modifications, voire disparition en cas de frayeur ou crainte, Cannon va s'intéresser aux réactions émotionnelles fortes et leurs relations au corps.

En parallèle aux modifications de la digestion, Cannon observe d'autres dérèglements comme l'accélération du rythme cardiaque, l'augmentation de la sécrétion gastrique.

Dès 1915, dans « Bodily Changes in Pain, Hunger, Fear and Rage », Cannon énonce sa théorie de l'homéostasie sans s’écarter pour autant du concept expliqué par Claude Bernard : « Les êtres vivants supérieurs constituent un système ouvert présentant de nombreuses relations avec l’environnement. Les modifications de l’environnement déclenchent des réactions dans le système ou l’affectent directement, aboutissant à des perturbations internes du système. De telles perturbations sont normalement maintenues dans des limites étroites parce que des ajustements automatiques, à l’intérieur du système, entrent en action et que de cette façon sont évitées des oscillations amples, les conditions internes étant maintenues à peu près constantes [...]. Les réactions physiologiques coordonnées qui maintiennent la plupart des équilibres dynamiques du corps sont si complexes et si particulières aux organismes vivants qu’il a été suggéré qu’une désignation particulière soit employée pour ces réactions : celle d’homéostasie. » (The Wisdom of the Body, 1932).

Cannon va chercher la cause de cette homéostasie et il prouve par une série d’expériences sur l’animal que lorsque l'organisme est soumis à une violente émotion comme la peur ou la fureur, la production d’adrénaline augmente ( The Wisdom of the Body). Enfin, dans « Stresses and Strain of Homeostasis », article publié en 1935, Cannon décrit comment la médullosurrénale, productrice de l’adrénaline, permet de faire face aux changements de température, aux besoins énergétiques ou encore aux variations de pression partielle de l’oxygène dans l’air.

Comme on peut le voir, Cannon associe les processus homéostatiques de maintien de la vie au phénomène du stress, ceci sur leur base d'une production d'adrénaline par la médullosurrénale.

Il convient alors de se demander, dans l'optique de ce travail, la raison du stress selon Cannon. Pour ce dernier, l'homéostasie est mise en danger si les substances essentielles manquent ou sont en excès (origines endogènes) ou encore si un facteur externe est délétère (facteurs exogènes) pour l'organisme. Cannon conçoit donc l'homéostasie comme ayant certaines limites dont la transgression provoque un stress, défini par Cannon comme un stimulus endogène ou exogène provenant du déséquilibre trop important de l'homéostasie. Chez Cannon, le stress se situe donc d'une certaine manière dans le pathogène car il est la conséquence de processus homéostatiques sollicités jusqu'aux limites de leurs marges d'adaptation fonctionnelle. Ainsi, à long terme, l'organisme est fragilisé, vulnérabilisé (position de Bernard et Hippocrate), et ne pourra reprendre sa capacité homéostatique d'origine. Pour prouver ce fait, Cannon citera les maladies carentielles qui une fois commencées rendent l'organisme plus faible à long terme, ceci même après une guérison.

Au niveau adaptatif à court terme cependant, le stress va conduire aux réactions de fuite ou de lutte qui sont la conséquence d'un hyperfonctionnement sympathique. Le stress a donc un rôle adaptatif essentiel à jouer car, « tout comme un matériau ne peut résister qu'à des contraintes modérées, l'homéostasie ne peut être maintenue que si les écarts à la normale restent relativement faibles. Au delà, des processus correctifs permettant de faire face sont nécessaires : c'est le stress ». (Dantzer, 2002). Le stress pour Cannon est donc le complément à l'homéostasie qui permet de réduire au maximum les dégâts déjà engendrés à l'organisme. C'est une réaction d'urgence à court terme qui favorise la fuite ou la lutte, c'est-à-dire l'évitement de la situation pathogène. Et en ce sens, le stress est fondamental à l'adaptation d'un organisme.

Source : Wikipedia.

Réflexions

Bref, l'environnement induit des changements sur nous-mêmes, nous répondons à ces changements en maintenant différents équilibres. Lorsque les changements sont trop importants pour nous, rendant impossible ces équilibres, nos organismes se retrouvent stressés, causant une adaptation limitant les dégâts mais le retour à la normale n'est plus possible.

De même, la nature obéit aussi à de nombreux équilibres, on parle d'écosystèmes. Les animaux, plantes, voire même les éléments de la nature : l'eau (mers, océans, fleuves..) plus ou moins potable, la terre plus ou moins fertile, l'air plus ou moins respirable, réagissent auix changements avec plus ou moins de succès. Mais on peut se demander si ces changements ne sont pas trop importants rendant difficile un retour à une nature abondante et bénéfique.

mercredi 1 mars 2006

Naturopathie - Les principes directeurs

Les docteurs en naturopathie sont guidés par six principes. Ces principes, accentués tout au long de la formation des docteurs en naturopathie, résument l’approche naturopathique de la santé et représentent les pierres d’assise de cette forme distincte de soins de santé.

D’abord, ne fais aucun mal (primum non nocere)

La naturopathie est fondée sur trois principes visant à éviter de causer du tort au patient :

  1. Recourir à des méthodes et à des substances médicinales qui minimisent le risque d’effets secondaires dangereux;
  2. Éviter, dans la mesure du possible, la suppression nocive des symptômes;
  3. Tenir compte du processus de guérison de la personne et le respecter en employant la force minimale nécessaire pour diagnostiquer et traiter la maladie.

Votre docteur en naturopathie choisit des remèdes et des thérapies sécuritaires et efficaces afin d’accroître votre santé et de réduire les effets secondaires nocifs.

Le pouvoir guérisseur de la nature (vis medicatrix naturae)

Votre docteur en naturopathie œuvre à restaurer et à soutenir la puissante capacité d’autoguérison de votre corps, de votre âme et de votre esprit afin de prévenir l’incidence d’autres maladies. Les docteurs en naturopathie décèlent les obstacles à la récupération et les éliminent, facilitant et augmentant cette capacité de guérison ordonnée et intelligente.

Établir et traiter la cause (tolle causam)

L’objectif premier de votre docteur en naturopathie est d’établir et de traiter la cause sous-jacente de la maladie plutôt que de se contenter de simplement gérer ou supprimer les symptômes. La cause sous-jacente peut être issue de l’alimentation, des habitudes de vie, d’événements existentiels, de la posture ou de l’environnement. Les symptômes sont considérés comme l’expression des tentatives naturelles du corps de se guérir.

Traiter la personne entière

Chaque personne est unique et requiert des soins personnalisés. En traitant la cause de n’importe quelle condition, votre docteur en naturopathie prend en considération non seulement vos symptômes physiques, mais aussi mentaux, affectifs, génétiques, environnementaux, sociaux, spirituels et d’autres facteurs. La maladie affecte la personne en entier, pas seulement un organe ou un système particulier. Votre alimentation, votre mode de vie, vos antécédents familiaux, vos sentiments, les stress environnementaux et votre santé physique sont tous soigneusement évalués et analysés.

Enseigner en soignant (Docere)

Votre docteur en naturopathie vous aidera à mieux comprendre la nature de la santé et de la maladie. Il ou elle vous aidera à cultiver une meilleure compréhension des facteurs qui affectent votre santé et vous aidera à l’équilibrer et à devenir plus apte à l’entretenir vous-même. Les docteurs en naturopathie reconnaissent aussi la valeur thérapeutique sous-jacente à la relation médecin-patient.

Prévention de la maladie et promotion de la santé

Votre docteur en naturopathie applique tous les principes énumérés ci-dessus dans une forme proactive de prévention de la maladie et de promotion de la santé. Les docteurs en naturopathie mettent l’accent sur de saines habitudes de vie quotidiennes, évaluent les facteurs de risque et les susceptibilités héréditaires et interviennent de la manière appropriée afin de prévenir la maladie. La santé est plus que la simple absence de maladie. Elle suppose un fonctionnement quotidien aux niveaux les plus élevés possibles et est obtenue au moyen d’une alimentation appropriée, de l’exercice, d’un mode de vie équilibré, ainsi que d’émotions, de pensées et d’actions positives. La capacité de bien-être optimal ou une qualité de vie rehaussée est inhérente à tous les organismes.

Source : Principes directeurs sur le site de l’Association canadienne des docteurs en naturopathie (ACDN) où vous trouverez davantage d'informations sur cette pratique naturopathique.

Note : Si la naturopathie est une pratique reconnue et bénéficie d'un cadre légal au Canada depuis presqu'un siècle, ce n'est pas encore le cas en France..